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Les artistes et les créateurs contribuent, par leur travail, à promouvoir l’image de marque du Québec et du Canada en tant que nations modernes, ouvertes, tolérantes et attachées à la liberté d’_expression_. Ils contribuent aussi d’une manière privilégiée au dynamisme de notre société. Je suis profondément convaincue que nos artistes méritent notre appui pour faire rayonner notre culture ici et partout dans le monde. Ce sont des ambassadeurs de premier plan.
C’est pourquoi j’ai été très déçue d’apprendre par les médias que le gouvernement fédéral procédera à l’abolition de programmes essentiels à leur développement, appréciés des créateurs et fort considérés par les observateurs de la scène culturelle. Ces programmes, qui touchent tout particulièrement les secteurs du développement international, du film, de la vidéo et des nouveaux médias, complètent avec efficacité les appuis du gouvernement du Québec dans des créneaux d’activités prioritaires. Ils permettent d’assurer la présence de nos artistes et créateurs partout dans le monde et soutiennent les activités d’institutions prestigieuses telles que la Société des arts technologiques (SAT) et l’Institut national de l’image et du son (INIS).
Comme ministre responsable de la culture et des communications au Québec, je suis très préoccupée de cette décision qui compromet des années de travail de la part d’organisations, d’artistes, d’employés de l’État, de diplomates et d’élus afin de faire de la culture un secteur d’excellence reconnu de par le monde.
Je tiens donc à joindre ma voix à celle de très nombreux organismes et artistes du Québec qui s’inquiètent d’une décision incompréhensible. Ces programmes sont essentiels à l’épanouissement de nos créateurs.
Ces compressions rappellent qu’il est impératif de conclure une entente avec le gouvernement du Canada en matière de culture et de communications. Le ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoit Pelletier, et moi avons déjà manifesté, auprès de nos homologues fédéraux, la volonté du Québec d’entreprendre des discussions relatives à la conclusion d’une telle entente. Cette dernière pourrait toucher l’ensemble des ressources financières découlant des programmes de subventions et de contributions administrés par le gouvernement fédéral dans les domaines de la culture et du patrimoine.
J’ai demandé à mon homologue fédérale que nous nous rencontrions afin de trouver ensemble des solutions permettant de soutenir adéquatement cette culture qui fait la fierté du Québec. Je compte également aborder la question de l’abolition de certains programmes à l’occasion de la rencontre des ministres fédéral, provinciaux et territoriaux responsables de la culture et du patrimoine, qui se tiendra à Québec les 25 et 26 septembre prochains et que je coprésiderai avec Josée Verner, ministre du Patrimoine canadien.
Sans de tels programmes, est-ce que Robert Lepage aurait pu effectuer la percée internationale qui fait aujourd’hui la fierté des Québécois ? Est-ce que le scénariste Frédéric Ouellet aurait pu fréquenter l’INIS et nous donner une oeuvre comme Grande Ourse ? Est-ce que le Cirque Éloize aurait pu connaître le succès qu’il a connu en Amérique du Sud et en Asie ? Est-ce que les Grands Ballets canadiens de Montréal auraient pu être applaudis sur la scène du Grand Palais à Paris ? Qu’arrivera-t-il de la contribution du fédéral à notre présence au Festival Cervantino au Mexique, où le Québec est invité d’honneur en 2009 ? Des compagnies comme O Vertigo, le Cirque Éloize, Le Carrousel, Les 7 doigts de la main comptent s’y produire.
Je suis convaincue qu’un dollar investi en culture est un dollar investi dans notre avenir. Dans un contexte de mondialisation, nous devons plus que jamais nous démarquer sur le plan artistique, diffuser et faire rayonner notre culture. Il en va de notre image de marque dans le monde ; il en va de la promotion de notre identité, dont nos artistes sont les plus ardents défenseurs. Il en va de la vitalité des cultures québécoise et canadienne. 17 août 2008
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