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Les sorties de Gilles Matte Convertir en PDF Version imprimable Votre adresse de courriel
Culture
Samedi le 15 Novembre 2008

J’éprouve devant ces tableaux une certitude automobile.

Je ne connaissais pas Guy Montpetit

Quand on aborde l’œuvre de Guy Montpetit, c’est généralement en termes du discours plastique. Influences des automatistes, langage géométrique, couleur-énergie, allègement des formes ; sont des expressions qui balisent le communiqué signé par M. Jules Arbec, critique d’art renommé et commissaire de l’exposition Guy Montpetit, un parcours singulier dans l’art moderne Québécois, qui se tient actuellement au centre d’exposition de Val-David.

Cependant, l’insertion d’un artiste dans un continuum de nomenclatures demeurera toujours le fait à posteriori d’une interprétation globalisante des mouvances sociales ou technologiques (donc esthétiques) et de leurs effets de dominos sur la création, par ailleurs hautement personnelle d’un artiste.Histoire de l’Art oblige. Oui, mais…

Il y a d’autres portes. Et ce sont ces autres portes qui me fascinent. Quitte à ne les ouvrir que pour errer dans mes propres salles à images.

J’ai appris à oser le goût quand j’ai entendu l’œnologue François Chartier dire qu’il fallait analyser un vin avec nos propres références gustatives et olfactives qui sont somme toutes très territoriales. Nous n’avons pas tous les mêmes voyages… Entretenir un tel rapport avec les arts visuels me semble une manière légitime d’accéder au plaisir pour ceux qui comme moi n’ont jamais développé d’érudition en la matière. D’autant que le bagage référentiel est quelque chose qui s’accumule au fil de la curiosité.

En entrant dans la salle d’exposition, j’ai été surpris par un rappel d’enfance : un jeu de mécano. Pour ceux qui n’auraient pas connu, il s’agissait de petites lattes de métal, bleues, rouges, blanches ou jaunes, aux bouts arrondis, percées de trous et, qu’on assemblait avec des boulons pour former des constructions ou des mécanismes en tous genres. Toute une série de toiles et d’affiches vives en couleurs relèvent ici de cette imagerie technique qui semble s’offrir comme une clef. Mais plus loin, une série de fusains nous installe dans un univers si différent qu’il faut tout recommencer pour peu qu’on croie que l’œuvre d’un artiste soit une évolution. Alors on traque le détail. Celui qui, au-delà de la manière, reliera pour nous les époques de création de l’artiste. Je lis le titre de la série des fusains, sans trop saisir, corpus christi amore, mais tranquillement, le mot corps ouvre les dessins et se répand dans mon regard qui peut traverser maintenant les variations de style. Rond ou anguleux, souple ou roide, en érection ou en abandon, entre mécanique et éther, entière parfois mais souvent en partie ; le corps humain hante toutes les toiles de Montpetit. C’est donc de l’Homme qu’elles me causeront.

Sauf à prime abord les premières toiles. Quatre, datant des années 60 et dont le rapport au paysage est évident. Et je ne suis pas surpris : la première définition de l’homme est son lien au territoire et c’est aussi sa première distanciation. J’éprouve devant ces tableaux une certitude automobile. Peut-être à cause des couleurs qui n’habitent plus leurs contours…

Suite de la visite dans TRACES de décembre

 

 
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T R A C E S
est récipiendaire du prix Coup de coeur
du concours québécois en entrepreneuriat 2008
de la SADC des Laurentides