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Territoire culturel La forêt selon Domingo Cisneros Lise Létourneau Dimanche 19 juillet, je parcours fébrilement les 100 kilomètres qui me séparent de la pourvoirie Mekoos pour me rendre à l’atelier Mère forêt/ matière première. Cet atelier est donné par l’artiste Domingo Cisneros dans le cadre du volet professionnel de l’école d’été de Mont-Laurier. Le trajet est agréable car les petites routes peu fréquentées de l’arrière pays sont pleines de charme.
La semaine débute par l’exploration des alentours. Domingo nous montre ses matériaux préférés : écorces, sapinage, plantes à longues tiges, racines, etc. Il nous explique tout ce que l’on peut en faire. Il connaît la forêt sur le bout de ses doigts, une Flore Laurentienne vivante. Mes collègues, Nathalie Levasseur, Élyse De Lafontaine et moi sommes sous le charme malgré les nuées de moustiques. Puis arrive l’expérience ultime : l’écorçage d’un bouleau, d’un cèdre et enfin d’une pruche. L’écorce de cette dernière s’avère être un matériau incroyable. Semblable au liège, il se travaille comme du cuir. Et, d’exploration en expérimentation, la journée passe doucement. ![]() Et les jours passent à apprendre, à expérimenter et à créer autour du feu ou sous le chapiteau qui nous sert d’atelier. Domingo nous transmet ses découvertes. Celui qui métisse ingénieusement les techniques traditionnelles des autochtones du nord et du sud, a inventé de nouvelles façons d’utiliser les matériaux de la forêt. Il nous en a partagé plusieurs tout au long de cette semaine trop vite passée. Quel privilège d’apprendre de ce maître incontesté. Originaire du nord du Mexique, Domingo Cisneros a vécu plus de 30 ans à La Macaza. Cet artiste en arts visuels de renommée internationale nous a donné entre autres, le Bestiaire Laurentien, un corpus de contes et d’œuvres représentant 12 bêtes qui peuplent maintenant l’imaginaire de bien des gens de la région des Hautes-Laurentides. À la suite de la première expédition Art-Aventure dans la Zone du Silence au Mexique en 1984, il développe le Territoire culturel, un concept d’art socio-écologique. Le développement d’un Territoire culturel qui a été inscrit dans le plan stratégique de la MRC Antoine Labelle est toujours soutenu par le groupe des Précambriens. Cette semaine passée à la pourvoirie a réactivé la flamme. Un projet qui pourrait bien s’implanter prochainement dans les Hautes-Laurentides.
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