| « le French Paradox » - Jacques Orhon |
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Qui diabolise à l’extrême la noble boisson ? Pour vivre en santé, buvons du vin, mais modérément ! Jacques Orhon Lueur d’espoir au pays du vin alors que le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) français a réaffirmé que la consommation modérée d’alcool peut avoir un effet bénéfique sur notre santé. En fait, le HCSP a désavoué la position de l’INCa (Institut national du cancer, installé près de Paris) qui affirmait que toute consommation d’alcool - même un verre de vin au quotidien - était déconseillée. On précise dans un communiqué publié en ligne que « l’INCa a fait le choix de ne pas prendre en compte le possible effet protecteur d'une faible consommation d'alcool sur la survenue de maladies cardio-vasculaires ». Or, et je cite : « il est évident qu'une recommandation nutritionnelle à visée de santé publique ne peut être basée sur une morbi-mortalité spécifique, en l'occurrence le cancer, mais doit prendre en compte l'ensemble des effets et impacts potentiels », écrit le HCSP dans son analyse. Par conséquent, « il n'y a pas, à ce jour, d'argument convaincant pour justifier de modifier les recommandations actuelles, basées sur des repères de consommation, en faveur d'une abstinence totale, telles que les recommandations de l'INCa ont pu être indûment interprétées », conclut le HCSP en soulignant que la discordance dans les messages «dessert, voire décrédibilise, les objectifs de santé publique ».
Lueur d’espoir donc pour la santé, mais aussi pour l’économie viticole d’un pays qui souffre d’une baisse de ses exportations et de la consommation depuis la mise en place d’une loi, la loi Évin qui n’a pas facilité, c’est le moins que l’on puisse dire, la vie des vignerons français depuis près de vingt ans.* Pourtant, parmi les milliers d’articles sur les recherches du rôle positif du vin sur la santé de l’homme, nous apprenions il y a quatre ans environ, qu’une cave américaine, Willamette Valley Vineyards, basée dans l’Oregon, avait reçu le feu vert des autorités fédérales pour mentionner sur l’étiquette de deux de ses vins - des pinots noirs - la présence de resvératrol. Ce composé aux vertus anti-oxydantes possède des effets bénéfiques pour la santé, notamment sur le plan cardiaque. Mais, soulignait à l’époque son président : « Nous avons pris soin d’éviter tout argument ayant trait à la santé sur l’étiquette ». Le pinot noir de l’Oregon, comme en Bourgogne d’ailleurs, serait naturellement riche en resvératrol grâce au climat froid et humide de cet État, qui favoriserait la production de cet antioxydant dans le raisin. Outre-Atlantique, il est en effet considéré comme un facteur du «French Paradox», théorie très sérieuse sur le rôle cardioprotecteur du vin. Ceci découle de la constitution de ce dernier, de sa teneur élevée en composés phénoliques, reconnus pour leurs propriétés antioxydantes, et de la présence d'alcool qui joue un rôle sur la préservation de ces composés, tout en facilitant l'absorption. Il est prouvé depuis longtemps que l'alcool, pris en quantité raisonnable, contribue à élever le bon cholestérol et à diminuer le mauvais, inhibant ainsi l'agrégation des plaquettes sanguines. Ces deux actions protègent l'organisme contre le développement de l'athérosclérose. De plus, il réduit la teneur en fibrinogène (qui prédispose à la coagulation du sang) et accélère la fibrinolyse (dissolution d'un caillot). Quant aux polyphénols, ils sont présents partout: dans les racines, les tiges, les fleurs et les feuilles de tous les végétaux. Ils constituent, dans le règne végétal, l'arme de défense des plantes. Ce sont des constituants importants et caractéristiques du vin. Ils se répartissent en trois groupes: les colorants jaunes (flavonols), les colorants rouges (anthocyanes) et les catéchines (incolores et astringents). Le raisin est un fruit extraordinaire, puisqu’il a l'avantage de réunir ces différentes familles de polyphénols, ce qui n'est pas le cas de tous les fruits et légumes. Il s'agit donc bien dans le cas du vin, d'un mélange polyphénolique, et tout particulièrement dans le rouge d’une véritable synergie entre le resvératrol et les tanins.
Quels vins choisir? En fonction des cépages qui entrent dans la composition du vin, mais aussi compte tenu des techniques de vinification - la cuvaison et la température élevée des fermentations (en rouge) favorisent l'extraction des polyphénols – certains vins consommés modérément - et en mangeant - on n’ insistera jamais assez sur ces points - semblent offrir des vertus indéniables sur la santé. Il faut chercher des vins élaborés avec le pinot noir (de Bourgogne, de Californie et de Niagara entre autres), mais aussi à base de cabernet sauvignon (présent un peu partout), de merlot, de malbec (à Cahors et en Argentine), de syrah (dans la vallée du Rhône notamment), de tannat (à Madiran et en Uruguay), de mourvèdre (à Bandol) et de sangiovese (en Toscane). Ce ne sont pas les vins qui manquent pour nous donner bonne conscience et trinquer à la santé de tous!
*L’ancien ministre socialiste Claude Évin a fait passer en 1991 une loi relative à la lutte contre le tabagisme et l’alcoolisme. Très restrictive sur la publicité et la promotion concernant le vin, elle ne fait pas la part des choses, tend à l’amalgame d’idées dans un débat de société aussi important, et enfin, pour reprendre l’expression de certains responsables du monde français du vin, diabolise à l’extrême la noble boisson. Depuis décembre 2002, le renforcement de la lutte contre l’alcoolisme (sécurité routière et nouvelle politique de santé publique), qui soit dit en passant est tout à fait louable, accélère la dé-consommation. |












Vos commentaires...
Je suis 100% d'accord. L'ignorance est trop souven... Plus...
Toujours aussi pertinent Plus...
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