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Comme un nid d’hirondelle géant Olivier Allard et Geneviève Grenier Fabriquer sa maison verte : témoignage d’autoconstructeurs C’est après de nombreuses virées à la campagne que nous avons finalement eu un coup de cÅ“ur pour un terrain de deux acres situé en pleine forêt dans le comté méconnu de  La maison en ballots de paille  Après avoir passé plusieurs années à nous documenter sur différentes méthodes de construction traditionnelles et alternatives, nous avons finalement opté pour la maison isolée en ballots de paille . L’idée de départ était de construire une maison sans émissions toxiques (colles, peintures, etc.), très efficace au niveau de sa consommation énergétique, ayant un impact limité sur l’environnement (utilisation de matériaux écologiques et recyclés), et ce, avec un budget limité.  L’utilisation de la paille pour l’isolation des maisons est une pratique qui ne date pas d’hier; pensons entre autres aux constructions de torchis (mélange de paille et d’argile) qui existent en Europe depuis plusieurs siècles. L’arrivée de la botteleuse mécanique au début du 20e siècle va ouvrir une nouvelle avenue : la paille compactée sous forme de ballots prend une valeur structurale et les ballots peuvent être utilisés comme des briques géantes pour élever des maisons. La maison isolée de ballots de paille s’est répandue dans le sud des États-Unis, particulièrement dans l’État du Nebraska, pour pallier le manque de bois d’œuvre.  De notre côté, nous avons été impressionnés par la capacité isolante des murs en ballots de paille et leur faible coût (environ 1$ le pied carré). Ce type de construction permet de donner un autre débouché à ce résidu agricole qui sert principalement de litière. Dans les grandes monocultures céréalières des prairies canadiennes, la paille est même brûlée ! Et contrairement aux idées reçues, un mur en ballots de paille recouvert d’argile est plus résistant au feu qu’un mur conventionnel .  Enfin, l’idée de travailler avec cette matière purement végétale nous plaisait également. Et sur une note plus esthétique, le ballot de paille forme des murs épais, ce qui donne beaucoup de charme à une maison.  Une entreprise artisanale  C’est avec l’aide précieuse de nos parents, familles et amis que nous avons débuté la construction de cette maison à l’été 2008. Lors de cette première année de chantier, nous avons coulé la fondation, érigé une ossature en bois prête à accueillir les ballots de paille et installé notre toiture en tôle.  C’est l’été dernier que nous avons installé nos 500 ballots de paille dans notre maison de deux étages. Si la matière première est accessible et bon marché, son installation prend du temps et fait appel à de nouvelles façons de faire.  Avec la paille vient l’argile, faisant de la maison de paille une sorte de nid d’hirondelle géant. Dans un climat humide comme le nôtre, l’argile est une matière essentielle à ce type de construction. Celle-ci régule le taux d’humidité dans les murs et permet à la maison de transpirer, et ainsi éviter d’emprisonner l’humidité qui pourrait condenser par temps froid et dégrader la paille. Il est donc indispensable d’en appliquer une couche liquéfiée sur les murs à l’intérieur comme à l’extérieur. La finition extérieure est au choix, mais il est important d’utiliser des matériaux qui sont perméables à la vapeur tel que le bois ou les crépis de chaux ou d’argile.  Nous avons pour notre part choisi une finition extérieure en crépi d’argile (un mélange d’argile, de sable, d’eau et de paille), imperméabilisé avec un lait de chaux. C’est à l’aide d’un rotoculteur que nous avons mélangé les ingrédients du crépi. Celui-ci était ensuite appliqué à la main sur la maison lors de corvées qui se terminaient inévitablement en bain de boue !  Il va sans dire que la construction d’une maison isolée en ballots de paille est une entreprise artisanale en soi qui s’adresse à l’autoconstructeur averti.  Tirer parti des rayons du soleil  L’un des premiers principes d’une maison écologique est d’être adapté à son climat et son environnement. Nous avons pris soin d’orienter la façade de la maison plein sud (sud solaire et non sud magnétique) et d’y installer un grand nombre de fenêtres afin de tirer parti de l’énergie solaire passive. Il est toutefois important de prévoir un débord de toit suffisant pour bloquer les rayons du soleil plus haut en été et éviter que la maison ne surchauffe !  La facture écologique  Une maison écologique ne coûte pas plus cher qu’une maison conventionnelle, du moins en autoconstruction; elle est plus performante au niveau de sa consommation énergétique. Des matériaux locaux, peu transformés, renouvelables et consommant moins d'énergie lors de leur production, finissent par être plus abordables. Pour la maison en ballots de paille, des matériaux comme la paille et l’argile sont presque donnés. Toutefois, leur installation ou leur application nécessitent davantage de main d’œuvre.  La possibilité de récupérer de nombreux matériaux et de leur donner une seconde vie permet aussi de diminuer les coûts de la construction. Au fil des années et avant même de débuter ce projet, nous avions déjà récupéré de nombreux éléments : un lot de fenêtres d’un ancien couvent, des portes, des armoires, des éviers, etc.   Un troisième été en chantier  Nous entreprenons présentement notre 3e été de chantier qui sera consacré à l’installation de nos nombreuses fenêtres et à la réalisation du plancher chauffant au rez-de-chaussée. Nous avons certes sous-estimé l’investissement en temps de ce projet. Chaque étape amène son lot de réflexions : documentation, choix des matériaux, localisation d’un fournisseur, etc. Nous fabriquons cette maison comme des artisans, avec l’aide précieuse de nos parents, familles et amis. Si nous sommes parfois découragés de voir des maisons s’élever en si peu de temps alors que notre chantier à nous s’éternise, nous sommes réconfortés de pénétrer dans cette maison lumineuse qui se fond dans la nature et qui sent bon la terre !  Â
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Grenville-sur-la-Rouge. Avec ce lopin de terre en poche, nous pouvions enfin donner vie à un projet qui mûrissait depuis plusieurs années : l’autoconstruction d’une maison écologique. Comme la maison de nos rêves n’existait pas, nous avons décidé de la fabriquer de nos propres mains. Nous ne rêvions pas de grand luxe, mais simplement d’une maison saine , accueillante, inspirante et respectueuse de son environnement.


Vos commentaires...
Certains de ces blasés du béton se comportent tels... Plus...
Je connais l'artiste des lumières,elle s'attache a... Plus...
Très amusant, pour enfants dès 4 ans Plus...