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Arts et spectacle

Rosemary Arroyave 
Johanne Martel

Rosemary Arroyave est une artiste complète, du plus profond de son âme, jusqu'au bout des orteils.  Elle a besoin de s'exprimer avec son corps, son coeur, ses tripes et tout son être.
À partir de l'âge de douze ans, elle fréquente assidûment les studios.  Depuis la barre du ballet classique, elle ne s'est jamais arrêtée. Pieds nus dans les ateliers, elle apprend à s'exprimer par son corps. Ce sont des performances éphémères qui rongent l'énergie entière de l'être et qui s'envolent dans le temps. Pour diminuer l'énorme stress qu'infligent ces performances, elle commence à dessiner dans les coulisses. Le dessin est une création concrète, tangible qui, contrairement à la danse, lui reste. C'est une création qu'elle fige dans le temps et qu'elle peut tout simplement garder. Aussi, peut elle la brûler, la donner, la vendre… Le temps ne l'avale pas. Maintenant, à quarante ans et après cinq ans de création picturale à temps plein, Rosemary se dit prête à affronter l'éphémère, encore une fois.


Oeuvres inspiréesalt
Indirectement, la danse finit toujours par être omniprésente dans son oeuvre, mais apprêtée de manière si différente. Inspirée par le mouvement, la répétition des formes, Rosemary visualise et exprime cet univers intérieur inexploré.

Avec la rigueur de la danseuse qui répète les mouvements, elle peint sans arrêt. Les pieds, le coeur, deviennent des oeuvres répétitives et évolutives qui s'échelonnent quotidiennement sur plusieurs années; elles se figent dans le temps et résonnent au rythme et aux couleurs des personnes qui les ont inspirées.


Artiste de Ste Adèle
Fille de la ville, par choix, Rosemary a voulu que ses enfants grandissent à la campagne. Elle voulait leur offrir une vie plus simple, en harmonie avec la nature. Elle aime bien dire aux gens qu'elle rencontre en voyage qu'elle reste en haut, tout au «top» de l'Amérique, à 60km au nord du dernier Starbucks. Elle y ressent une pureté qui influence beaucoup ce qu'elle est, ce qu'elle est devenue. Pour elle, les gens d'ici doivent être rigoureux et forts,  avec une rigueur comparable au paysage.


Le Laboratoire Vivre l'art Libre
C'est un peu par besoin de sécurité que Rosemary Arroyave a créé Le Laboratoire Vivre l'art libre.  La création par la peinture l'avale complètement, elle a besoin de rejoindre les gens, elle a besoin de présences. «C'est souvent assez noir et j'avais peur de me perdre, j'avais besoin que mes amis m'arrêtent, j'avais besoin de la présence de mes amis et de continuer malgré tout. Créer devient le monde, ce n'est pas évident. C'est qu'il y avait un danger que je disparaisse dans mon art. ». Elle sent qu'elle est ici aussi, pour aider les autres à s'exprimer. Elle trouve que les femmes ont ce don de dévotion et de générosité pour aider les autres à évoluer. Rosemary accepte d'être présente pour les autres. Elle est consciente de l'importance de ses actions sur la vie des gens. Elle sait bien que l'ampleur de ce geste a des répercussions au-delà du visible.


Après plusieurs mois de fermeture, le studio a de nouveau ouvert ses portes grâce à la volonté des gens autour d'elle.  Il est devenu un espace ouvert qui offre à d'autres artistes un lieu pour créer et s'exprimer. Ce laboratoire réduit l'espace entre la création et la diffusion de l'art. On peut créer et faire le vernissage dans un même lieu à peu de temps d'intervalle.
Festival de la Montagne Rouge


Pour une troisième année consécutive, Rosemary est le coeur et les poumons de ce festival, qui aura lieu durant la première semaine du mois d'août 2009, sous le thème du jeu. Pascale Girardin, céramiste bien connue des Laurentides, sera la directrice artistique de l'événement. Parmi les activités du Festival, une foire d'art contemporain sous la thématique du jeu sera présentée au Parc de la famille.


La création
Rosemary travaille continuellement et quotidiennement avec une rigueur extraordinaire. Elle crée sur l'ordinateur, dessine, peint… Chaque medium devient un moyen d'expression, d'une manière récurrente. Elle empile et stocke des oeuvres dans son sous-sol. Elles sont l'héritage de ses peurs, ses amours, toutes les émotions de chaque instant de sa vie. Elle qui avait peur de travailler sur des oeuvres éphémères, nous a démontré que l'expression a peu de limites et peu de frontières, à part nous-même.

 

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