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Arts et spectacle
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Auteur : Gilles Matte
J'aime la couleur instable qui se marie à l'écriture instantanée du geste. J'ai dit dans une précédente chronique, que certains cartons d'invitation sont des agendas. Celui de Caroline Archambault n'eût offert que le titre de l'exposition, je ne me serais certes pas retrouvé à Montréal un mardi soir. Les titres abs- traits un peu nouvel-âge et émotions ne me laissent pas seulement froid ils réson- nent étrangement marketing à mon oreille… Mais il y avait sur le carton tout ce qu'il faut de couleurs subtiles, de lumière et de mouvement pour qu'il se retrouve épinglé sur mon mur des choses- à -voir. Je suis allé à la Galerie 1040… La séduction, j'emploie le mot volon- tairement, la séduction donc des tableaux que nous offre aujourd'hui Caroline Archambault est dans leur écriture. La page est rarement pleine et c'est tant mieux. On y sent l'espace du souffle, avant et après, comme une respi- ration de cette écriture. Alors on parle poème. Entre la majuscule du calligraphe et la cursivité de l'urgence c'est de vent qu'il s'agit. Vent de surface car il n'y a jamais indication d'une troisième dimen- sion sauf peut-être comme une épaisseur de la lumière, comme parfois la paroi d'un aquarium. À peine préfigurée dans les toiles de 2006 (Respirer…enfin ! , Brossée par le vent) cette présence ou ce sentiment du vent assouplit les heurts chromatiques et fluidifie les lignes. L'artiste a transgressé les repères immo- biles de l'abstraction paysagère et ris- qué l'intuition du mouvement. À l'ex- ception en effet des Surface numérotées dont l'esthétisme plus froid et plus brut tient de l'enluminure nordique et du geste calligraphique, la palette des cou- leurs se nuance délibérément et la séduc- tion d'une écriture cursive s'y délie d'au- tant avec aisance. On est tenté d'y voir ce Nouveau dialogue qui sous-titre l'exposi- tion. Est-ce le mouvement qui a ouvert l'es- pace ou l'acceptation de l'espace qui a libéré le mouvement de toute velléité de remplissage ? Peu importe, les soupirs et les silences sont mes entrées dans la toile, les lieux de repos où s'invente le poème porté par l'alphabet dérivé du geste offert. Et j'y entre avec plaisir. Et quand je me laisse absorber par les toiles de Caroline Archambault je me prends à douter de la justesse du mot d'Éluard quand il affirme que du peintre et du poète, ce dernier aura toujours le dernier mot… Alors quand le voyage aura été assez long, et quand mes errances intuitives vagabon- dant entre proximité et éloignement, d'un tableau à un autre ou d'un groupe- ment de toiles à un autre, auront fini par lier ensemble les différents paragraphes de cette écriture, j'en ressortirai par les titres. Etrange comme l'école nous a mal informés… Il faut prendre le temps d'abord de lire la toile, ensuite seule- ment le titre fera-t-il du sens. Comme un sourire, comme un insight… N'est- ce pas ainsi d'ailleurs que l'artiste crée ?
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Vos commentaires...
Certains de ces blasés du béton se comportent tels... Plus...
Je connais l'artiste des lumières,elle s'attache a... Plus...
Très amusant, pour enfants dès 4 ans Plus...