| Chronique du temps jadis - Mont-Laurier |
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Un second curé Labelle, l’abbé Génier, curé de Mont-Laurier
Michel Allard, historien et muséologue
Que diriez-vous si le taux d’imposition de votre municipalité se chiffrait à un cinquième de centin par piastre d’évaluation de votre propriété ? Vous seriez sans doute très heureux… Eh bien, c’est le taux imposé en 1909 aux propriétaires de la nouvelle corporation municipale de Mont-Laurier située au Rapide-de-l’Orignal – nommé ainsi car, « selon la légende, un orignal pris de panique aurait effectué un bond prodigieux près d'une chute de la rivière du Lièvre » _ et sur le territoire de la paroisse religieuse de Notre-Dame-du-Mont Fourvières, rappelant la basilique du même nom de Lyon en France. Mais pourquoi l’avoir nommé ainsi ? Au début du XIX siècle, le blocus que l’empereur Napoléon impose à la Grande-Bretagne entraîne une pénurie de bois pour la construction de navires. Quelques entrepreneurs dont Philémon Wright exploitent les forêts traversées par les rivières la Lièvre et la Gatineau. Bientôt des centaines de Canadiens français s’engagent comme bûcherons. Vers 1830, quelques colons s’installent à leur tour et défrichent le territoire Pour procurer aux bûcherons et aux colons les secours de la religion, Mgr Bourget, évêque de Montréal, fait appel à la communauté française des Oblats de Marie Immaculée (OMI) dont les premiers membres arrivent de France en 1841. Les OMI fondent plusieurs paroisses dont certaines comme Notre-Dame-de-Laus, Notre-Dame- de- Pontmain et Notre-Dame-de Fourvières rappellent le nom de lieux de pèlerinage de France. En 1901, l’abbé Alphonse Génier est nommé curé de la paroisse Notre-Dame-de- Fourvières qui compte alors environ 700 âmes. En 1905, il entreprend et complète la construction d’une nouvelle église . En 1909, il convainc les dirigeants du Canadien pacifique de prolonger le chemin de fer jusqu’au Rapide-de-l’Orignal qui remplace Nominingue comme terminus du nord. . Vers 1908. Génier a vent du projet de création d’un district judicaire, il forme alors le projet de faire désigner le Rapide-à-l’Orignal comme chef-lieu du district. Mais les dirigeants de la municipalité de Nominingue caressent la même ambition. Vers 1908, le curé Génier, lobbyiste avant l’heure rencontre Wilfrid Laurier, premier ministre du Canada :« … pour le convaincre de la justesse de son projet. Habilement, on lui rappelle qu’il compte plusieurs appuis politiques au Rapide-de-l’Orignal, et on lui souligne que ses plus fervents partisans désirent rebaptiser le village pour lui rendre hommage. Quelques bons mots de Laurier à Gouin [alors premier ministre du Québec], en faveur de la désignation du Rapide-de -l’Orignal –Mont-Laurier comme chef lieu ne nuiraient certainement pas.» En 1909, une corporation municipale du nom de Mont-Laurier, est créée et, dès l’année suivante, est désignée comme par hasard chef-lieu du nouveau district judiciaire de Montcalm . L’ambition de Génier ne s’arrête pas là. Vers 1910, on projette de créer un diocèse dans les Laurentides. Génier ambitionne de faire désigner Mont-Laurier comme siège épiscopal. Toutefois, les notables de Nominingue, qui possède déjà un collège et qui abrite de nombreuses communautés religieuses, entretiennent le même rêve. Mais encore une fois Mont-Laurier remporte la palme et en 1913 devient le siège épiscopal du nouveau diocèse. Au comble de la joie, le curé Génier déclare en chaire : « C’est avec joie ! C’est mon cri de joie que je vous lance ! C’était mon ambition, c’est ma gloire et ma récompense ! ». Les dés sont désormais pipés. À l’été 1915, l’évêque Mgr Brunet transfère le collège de Nominingue à Mont-Laurier. En 1919, la cathédrale est érigée . Mont-Laurier dont la population quintuple de 1901 à 1922 devient le chef-lieu de la région que nous désignons aujourd’hui sous le nom des Hautes-Laurentides.
Références
Commission de la toponymie du Québec (1994,1996)Noms et lieux du Québec. Coursol, L.(1980) Rapide de l’Orignal, 1885-1901, Mont-Laurier, Société historique de la région de Mont-Laurier. Coursol, L (1983) Mont-Laurier 1901-1922, capitale des cantons du Nord. Société historique de la région de Mont-Laurier. Coursol, (L. 1985) Histoire de Mont-Laurier 1885-1940. Société historique de la région de Mont-Laurier, Tome 1. Coursol,(1988) L. Un diocèse dans les cantons du Nord. Histoire du diocèse de Mont-Laurier, Évêché de Mont-Laurier. Laurin, S.(1989) Histoire des Laurentides, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture.
Références photos Ruines de la Cathédrale de Mont-Laurier site internet Grand Québec.com
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Je suis 100% d'accord. L'ignorance est trop souven... Plus...
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