| CINEMA - The Artist |
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Écouter autrement
Cynthia Cloutier Marenger The Artist : plus qu’un brillant exercice de style ; une comédie réussie.
Heureusement pour le spectateur, cet intérêt initial, The Artist le maintient avec bonheur tout au long de son déroulement, comptant non seulement sur sa réalisation « originale », mais aussi sur le jeu des comédiens, le comique du scénario et les réflexions qu’il suscite tant sur le plan de l’essence du cinéma que sur la nature humaine. En effet, bien que dès l’abord l’attention soit inévitablement captée par l’absence de sons, de paroles et de couleurs – Michel Hazanavicius exploite d’ailleurs les ressources comiques de ces aspects avec brio –, on oublie rapidement ces détails pour se laisser happer par la comédie qui se déroule devant nos yeux à grands renforts de mimiques, et qui ne manque pas de provoquer nos éclats de rires. Car s’il est un exercice de style brillant, rendant hommage aux films des années 1920-1930 en les pastichant efficacement, The Artist est avant tout une comédie réussie, portée par des comédiens doués qui ont su adapter leur jeu aux exigences du muet, en le rendant beaucoup plus corporel. À ce titre, Jean Dujardin (Brice de Nice, OSS 117), en George Valentin, acteur muet talentueux mais néanmoins sur son déclin, offre une performance digne de Charlie Chaplin, mettant à profit sa gamme étendue d’expressions faciales. Quant à Bérénice Bejo (Meilleur espoir féminin, OSS 117 : Le Caire, nid d’espions), en Peppy Miller, jeune figurante qui bénéficie de la transition vers le cinéma parlant et réussit à se tailler une place au firmament hollywoodien, elle fait montre d’une fraîcheur absolument irrésistible, ses yeux exprimant toutes les émotions du monde. Une mention, enfin, pour le chien Uggie, interprétant le compagnon fidèle de Valentin, dont les pitreries arrachent les rires à répétition. The Artist, s’il mise principalement sur le comique de situation et le burlesque propres aux films muets, n’est cependant pas dépourvu de profondeur et amène, de par sa forme allant à l’encontre des canons cinématographiques actuels, des réflexions sur le 7e art et son évolution, dont les premières concernent évidemment l’usage du son et de la parole au cinéma. En regardant ce film, force est de constater que nous l’écoutons aussi, et pas seulement parce que la musique symphonique y occupe une place de choix et en suggère l’ambiance. Nos autres sens sont mis à contribution. Nous sommes mis à contribution, puisque forcés de compléter ce que les cartons ne traduisent pas. Avec moins – moins de sons, moins de paroles, moins de couleurs –, nous réussissons à créer du sens, à écouter autrement. Et cela est sans aucun doute l’une des grandes qualités du film de Michel Hazanavicius : faire un peu de nous, l’espace d’une projection, des artistes.
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Précédé d’une rumeur médiatique positive – Robert De Niro, président du jury au dernier Festival de Cannes, où il était en compétition, l’aurait « adoré » –, acclamé par la critique et inondé de prix et de nominations – le film est entre autres en lice à maintes reprises aux Golden Globes et serait également sélectionné aux Oscars 2012 –, The Artist, dernier long métrage de Michel Hazanavicius (OSS 117 : Le Caire, nid d’espions, OSS 117 : Rio ne répond plus) arrivait sur nos écrans avec son lot d’attentes. Ajoutons à cela son caractère non conventionnel – son format carré de 1,33: 1, le fait qu’il soit en noir et blanc, et muet de surcroît ! –, le tout à l’ère du numérique, de la captation de mouvements et du cinéma 3D, et le film du réalisateur français avait tout pour piquer l’intérêt.


Vos commentaires...
Je suis 100% d'accord. L'ignorance est trop souven... Plus...
Toujours aussi pertinent Plus...
Certains de ces blasés du béton se comportent tels... Plus...
Je connais l'artiste des lumières,elle s'attache a... Plus...
Très amusant, pour enfants dès 4 ans Plus...