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« hâte-bouffe » et plaisirs de table Entre la poire et le fromage Jean Pierre Hellebaut Ah quel bien fou cela m’a fait de grignoter l’article intitulé « Si on raclait ?... » paru en page 8 du magazine Traces du mois dernier. Grâce à lui, je me suis replongé dans les savoureux souvenirs d’une raclette, un dimanche après-midi entre amis dans un petit village de montagne au fin fond du Valais suisse. Le fromage fondait au feu de bois avant d’arriver brûlant dans nos assiettes. Les deux fiers racleurs ne chômaient pas, il faut bien avouer que nous étions une bonne vingtaine de convives à patiemment attendre notre tour. Car il faut le préciser ici, la raclette est un repas qui se mange tranquillement, doucement, pas vite.D’ailleurs il serait inutile d’engloutir à toute vitesse quatre ou cinq portions de fromage fondu, il ne vous faudrait pas cinq minutes avant de ressentir un léger malaise juste avant le dessert et juste après les amygdales. Non, prenez plutôt le temps de déguster, de savourer... préparez votre assiette... servez-vous une petite pomme de terre... un cornichon... un oignon... et lorsque votre fromage fumera dans votre plat, emparez-vous du poivrier et poivrez abondamment. Ne lésinez pas, le poivre vous aidera à mieux digérer. Le fendant aussi, vous y aidera. Mais ici en revanche, procédez avec sagesse et modération. Cette fois, c’est prêt et tant que c’est chaud, allez-y. Dégustez votre portion de fromage, confortablement installé entre de croustillantes religieuses. Et puis, en attendant que le tour vous revienne, prenez encore le temps, celui de discuter entre amis, d’apprécier le temps qui passe, d’admirer la nature autour de vous... autant d’instants qui feront que vous vous en souviendrez plus tard, bien plus que de n’importe quel repas habituellement ingurgité à la hâte. On parle en effet souvent de la malbouffe, on parle moins souvent en revanche de « hâte-bouffe ». Manger vite à toute allure, n’est-ce pas pourtant presque aussi mauvais que de manger n’importe quoi ? Tout ceci rappellera peut-être à certains d’entre vous, cette annonce pharmaceutique qui court depuis quelques mois sur une de nos antennes télévisées et qui claironne à tout va, quelque chose du genre : « Pas le temps de faire un repas ? On a quelque chose pour vous... ». Ben voyons, quelle belle image nous est proposée là : un père s’empresse d’apporter le sac d’école à son garçon pour le pousser à s’activer et à se dépêcher de partir... Pas le temps de partager un repas en famille ? Recourez donc au médicament Trucmachin, vous pourrez ainsi le sauter à pieds joints et mieux vous hâter à faire je ne sais quoi. Est-ce vraiment là une manière de vivre ? Est-il devenu impossible de nos jours de prendre encore le temps de manger ? Je ne sais plus trop quoi penser et de toute manière, je n’ai pas vraiment l’intention non plus d’en faire tout un fromage. Le monde est comme il est, et même s’il ne tourne pas toujours aussi rond que le fromage au fond du caquelon, on l’aime comme ça. Mais que nous ayons l’appétit vorace d’un loup, ou celui plus frugal d’un moineau, essayons tout de même de toujours manger avec plaisir, et surtout en parfaite convivialité. C’est tellement plus agréable...
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Vos commentaires...
Je suis 100% d'accord. L'ignorance est trop souven... Plus...
Toujours aussi pertinent Plus...
Certains de ces blasés du béton se comportent tels... Plus...
Je connais l'artiste des lumières,elle s'attache a... Plus...
Très amusant, pour enfants dès 4 ans Plus...