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« Le but n’est pas d’angliciser les jeunes,  simplement de les préparer au monde extérieur »

Do you speak English ?
Camille Sabella Garnier
Étudiante en Journalisme et communications, au Cégep de Saint-Jérôme

« L’anglais au secondaire, c’est une vraie blague! Par contre, au cégep, je trouve que c’est probablement le cours le plus constructif que j’ai eu »,  affirme Tommy Fleury, étudiant en sciences humaines. En effet, nombreux sont ceux qui trouvent le niveau d’anglais au secondaire trop faible.
Depuis que la réforme est entrée en vigueur, la situation ne semble pas être en voie de changement. « Depuis la réforme, les examens de compréhension d’un discours oral sont bien moins forts, cela est devenu ridicule »,  soutient Martine Langelier, professeure d’anglais à l’école secondaire Saint-Stanislas. D’ailleurs, cette enseignante de cinquième secondaire trouve que l’école primaire ne prépare pas assez ses élèves au cours d’anglais de niveau supérieur. Selon elle, le problème ne vient pas uniquement du programme d’éducation : « Il ne faut pas seulement blâmer les écoles, c’est tellement rare de voir des émissions de télévision pour enfants en anglais. Et tous les films au cinéma de Saint-Jérôme sont traduits. C’est ridicule de devoir faire une demi-heure de route pour que nos enfants aient droit à un film en anglais », ajoute Mme Langelier, une pointe de déception dans la voix.
Depuis quelques années, l’anglais est une matière obligatoire pour l’obtention du diplôme d’études secondaires.
Quatre cours de langue seconde par cycle de neuf jours sont obligatoires. Certaines écoles offrent un cours optionnel d’anglais enrichi. « On ne peut pas imposer un cours d’anglais langue première quand certains élèves ont du mal à maîtriser le français », s’exclame Martine Langelier. Mais cette idée n’est pas partagée par  tous. «Je trouve que les cours d’anglais ne nous poussent pas à notre maximum. J’aurais tellement aimé arriver au cégep et être bilingue», confie Angelina Savard, étudiante en dernière année de secondaire. Cette future conceptrice de mode fait partie de ces élèves qui souhaiteraient suivre des cours d’anglais langue première en vue d’une éventuelle carrière à l’étranger. Une autre partie des étudiants pense qu’il faut à tout prix conserver le français au Québec.
«Personnellement, parler anglais, ça ne me dérange pas. Ce n’est pas comme si j’habitais aux États-Unis. Je pense qu’à Saint-Jérôme ce n'est pas très important d’être bilingue»,  affirme Renaud Dumont, quatorze ans.
Jessyca Legault, ancienne étudiante de la Polyvalente Saint-Jérôme, dit qu’elle a « toujours eu de la difficulté à suivre dans ses cours, il aurait fallu plusieurs cours pour différents niveaux d’anglais.» En effet, contrairement au système collégial, le secondaire n’offre qu’un seul niveau d’anglais. Les élèves bilingues sont souvent exemptés; alors que les moins forts doivent essayer de suivre la cadence.
De plus, les professeurs d’anglais se font de plus en plus rares et leurs remplaçants ne sont pas toujours qualifiés. « Quand on s’absente, c’est déjà beau si on arrive à avoir un remplaçant qui parle anglais »,  ajoute Mme Langelier.
Finalement, le niveau d’anglais dans les écoles dépend énormément de la région. Effectivement, si on se dirige plus vers Montréal et ses alentours, le nombre de jeunes bilingues va en augmentant. En effet, une étude démontre que 52% de la population montréalaise est bilingue, ce qui représente plus de la moitié de celle-ci. « Quand j’enseignais à Montréal, j’avais des élèves qui avaient du mal avec le français, ce qui n’est pas mieux. Le but n’est pas d’angliciser les jeunes,  simplement de les préparer au monde extérieur », conclut  Philippe Matte, ancien professeur d’anglais, nouvellement enseignant d’histoire en quatrième secondaire.
 

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