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Entretien avec Carole Forget PDF Imprimer Envoyer
Culture

En quelques mots, comment
présenteriez-vous votre livre ?
Au terme d’une relation amou-
reuse, je me suis questionnée sur
les différents signes de confirma-
tion que l’on attend de sa présence
auprès de l’autre. Un état de fragi-
lité nous amène à chercher des
signes non seulement dans le
regard de l’être aimé, mais aussi
dans le regard des autres, dans les
photographies, dans les détails qui
nous entourent. C’est notre rap-
port à l’extérieur, qui est transfor-
mé, nous cherchons des points
d’orientation pour nous déplacer.
La photographie, le regard et
l’image en général, participent ici à
ma réflexion, comme dans mon
livre précédent. Ils agissent comme
une véritable épreuve de ce que
l’on voit et ce que l’on vit. 

Avez-vous construit votre
recueil d’une façon particulière?
Il y a une avancée de la réflexion
et de l’émotion amoureuse au fil
des différentes parties du livre. Au
terme de la relation, la femme est
appelée à répondre à une voix inté-
rieure qui fait le bilan, un retour
sur soi. 

Qu’est-ce qui vous a poussée à
écrire cet ouvrage ?
Une volonté de comprendre la
force du non-dit et spécialement
du regard de l’Autre dans la
construction de ce que je suis, et
dans la définition de toute relation
avec l’être aimé. Le regard est le
sens qui me permet de sortir de
moi pour ne pas me perdre et d’al-
ler vérifier où en est la réalité mou-
vante et fragmentaire. Il faisait
aussi l’objet de la réflexion de mon
précédent livre. Ce livre-ci se situe
dans cette continuité, mais sous
l’angle plus émotif de l’amour.

Quels sont les écrivains et les
œuvres qui ont le plus influencé
votre travail ?
André Roy, Nicole Brossard,
Bernard Noël, André du Bouchet,
Israël Eliraz, et plus récemment
Antoine Émaz et Nathalie
Stephens sont parmi les auteurs
qui m’ont le plus touchée.

 

Est-ce que vous avez des
sources d’inspiration particu-
lières ? Lesquelles ?
L’écriture est pour moi une ten-
tative de lucidité, une volonté de
rejoindre le réel et de voir clair. Je
n’écris pas pour m’enfouir dans le
rêve. l'art visuel et le lieu (le terri-
toire comme ancrage identitaire)
sont mes principaux éléments
déclencheurs. Ils offrent des
espaces de réflexion sur ma présen-
ce au monde. 

Avez-vous des rituels d’écriture?
Lesquels ?

J’écris le matin et le soir, entre ces
périodes je marche beaucoup dans
Montréal, une ville que j’habite et
qui m’habite.

Quels sont vos projets ?
Écrire.

Avez-vous une adresse élec-
tronique où vos lecteurs peu-
vent vous écrire ?

Oui : carole_etlesmots@yahoo.ca


Originaire des Laurentides, Carole
Forget habite Montréal et est titu-
laire d’une maîtrise en études litté-
raires de l’Université du Québec à
Montréal. Elle a vécu dans le sud
de la France et à la Martinique.
Elle a collaboré à des projets en
arts visuels et a publié dans les
revues Estuaire et Arcades. Dans
Elle habite une metropolis, (Édi-
tions David, 2002), les villes avec
ses multiples couches de mémoire
permettent de retracer la source
des questionnements personnels
d’une femme.  Comme si le vide
avait un lieu, (Éditions du passage,
2006) a été écrit à partir de photo-
graphies de l'artiste montréalais
Melvin Charney. À partir d’une
réflexion sur les limites du regard
photographique, une femme s’in-
terroge sur les espaces de sa propre
disparition. La poésie de Carole
Forget avance dans une volonté de
comprendre nos liens avec les
signes extérieurs, le visible.

 

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