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Sa biographie n’est pas un extrait de géopolitique moderne, mais un testament d’une humanité en lutte pour la liberté et l’expression créative. Garder son équilibre : Manijeh Ali, danseuse classique de l’Inde Geoffrey Cook
Manijeh Ali est afghane et sa maison-studio évoque son habitat originaire dans les montagnes de Kaboul. Sa biographie n’est pas un extrait de géopolitique moderne, mais un testament d’une humanité en lutte pour la liberté et l’expression créative. Lorsque l’URSS envahit l’Afghanistan en 1979, Manijeh, à peine adolescente, fit partie du plus grand exode de l’histoire, fuyant son pays tandis qu’il plongeait dans la guerre et le chaos. La danse n’étant pas exactement un passe-temps représentatif de l’Afghanistan, Manijeh commença de danser sérieusement quand elle vécut en Inde. Elle apprit le Natyam Bharata qui évoque la mythologie indoue tout en étant un acte religieux. La différence entre les deux cultures lui permit d’étudier la forme artistique avec un certain recul et, à l’occasion, de faire un travail de recherche plus libre. Pour Manijeh, la distinction entre l’expression universelle de toutes les formes d’art (leur mythe) et leur éthique originale, idéologique ou religieuse revêt une grande importance. La famille Ali vint immigrer au Canada et c’est à Montréal que Manijeh continua d’étudier le Natyam Bharata. Elle prit également des leçons de danse africaine, ayant travaillé au Mali et au Ghana dans les années 1990. Depuis cette époque, Manijeh est une danseuse professionnelle; elle devint chorégraphe dès 2001 signant les œuvres des productions montréalaises Rasa(2001-2004), To Your Rhythm Bharata Natyam! (2005), Spirit of the Mountain (2006), Antachara (2007), Refuge (2008), et Thandavum (2009).
À la recherche d’une atmosphère plus paisible et plus studieuse pour se concentrer sur sa chorégraphie, Manijeh fit construire à Sainte-Adèle il y a quatre ans. Désormais, au lieu de louer un appartement et un studio, Manijeh vit au sein de son art. Elle peut également y enseigner. Depuis son emménagement, Manijeh encourage l’essor naissant de cet art magnifique, elle promeut activement la danse indienne dans les Laurentides; après tout, n’y a-t-il pas eu un ashram ici, depuis plus de trente ans ? L Tout en étant inquiète de présenter un art asiatique ancien, extrêmement codifié, Manijeh a constaté un engouement grandissant pour l’art et la culture. La récente popularité de Bollywood a aidé la cause. L’approche par la danse moderne et contemporaine a créé une ouverture vers d’autres styles provenant d’autres pays. La danse classique indienne est basée sur une narration claire et une certaine théâtralité; la richesse des costumes est un élément spectaculaire. Pour Thandavum, chaque artiste a intégré l’historique de ses pièces et a révisé les mudras et abhinays typiques – expressions des mains et du visage, qui sont des éléments cruciaux de ces danses. Enfin, il y a le rasa – expression émotionnelle – et c’est ici que l’art de Manijeh est particulièrement impressionnant et efficace : peu de danseurs parviennent à ce niveau. Manijeh considère l’art ancien du Natyam Bharata, raffiné au cours des siècles, comme l’apport d’un riche vocabulaire gestuel et corporel qui peut être utilisé pour explorer et exprimer l’expérience contemporaine. En effet, d’importantes innovations en danse nord américaine proviennent de l’étude de traditions anciennes et non européennes (Asie – Afrique) – par exemple Ruth Saint-Denis (danseuse et pédagogue américaine). Dans un sens, le travail de Manijeh complète le cercle d’influence. Comme tout artiste, Manijeh constate l’importance vitale, à la fois, de préserver et de développer un art et de permettre à la tradition de communiquer avec nous, les modernes. |








À flanc de montagne, le studio de Manijeh Ali est une métaphore de sa vie : construit sur une pente raide, la fenestration à 360° permet de voir les faîtes, les pieds et les troncs des arbres, donnant l’impression à la fois d’être enraciné dans le monde et flottant parmi les nuages. L’endroit témoigne du dynamisme de la vision artistique de Manijeh et de sa carrière en danse : esprit pratique et imagination, rigueur de l’entraînement et liberté de création. Ces tensions sont joliment exprimées et ultimement résolues dans sa danse – une forme ancienne communiquant avec la modernité – telle que récemment présentée dans Thandavum à Sainte-Adèle le 6 août dernier.
e rôle de Manijeh dans la production de Thandavum est un bon exemple de cette implication : Organisation et coordination de la performance de trois danseurs représentant trois styles de danse classique indienne : l’ancien Nathyam Bharata; le Kathak, (interprété par Sudeshna Maulik) montrant l’influence du monde musulman et des jeux de pieds de grande virtuosité; et la douce et sensuelle Odissi (présentée par Sonia St-Michel). Thandavum est une création qui montre la diversité de la danse indienne. La chorégraphie de Manijeh, qu’elle compte présenter plus souvent dans les Laurentides, est un hybride de la danse indienne. Le mandat de sa compagnie est le suivant : « La route de la soie encouragea inévitablement le dialogue culturel et la diversité, Danse Silken est en recherche de perspectives croisées de formes de danses. (voir 


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Je suis 100% d'accord. L'ignorance est trop souven... Plus...
Toujours aussi pertinent Plus...
Certains de ces blasés du béton se comportent tels... Plus...
Je connais l'artiste des lumières,elle s'attache a... Plus...
Très amusant, pour enfants dès 4 ans Plus...