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Au coeur des 1001 Pots : la convivialité Conversation avec Kinya Ishikawa, Jean-Denis Bisson-Biscornet et Robin Hutchinson (1)
Louise Brissette
![]() Les 1001 Pots sont nés d'un désir de convivialité. Il y a de cela 20 ans, une invitation était lancée à des potiers de se rencontrer en un lieu, le village de Val-David, en un moment, l'été, afin de célébrer leur métier, un des plus vieux du monde, qui consiste à fabriquer des objets utilitaires avec la terre. Spontanément, sans plan d'affaire ni subvention, un happening prenait vie.Novices ou maîtres, tous sont accueillis sur un pied d'égalité. Ce n'est pas un hasard si cet événement a lieu à Val-David. Il émane de l'identité propre au village. Et les organisateurs y tiennent. Une sorte de porte-étendard de la culture du village, assaillie de toutes parts depuis 10 ans.
La célébration du métier, et de la matière première, les rencontres, les échanges et la créationpartagéesont au coeur de l'événement, en toute simplicité. Dans ce monde du tout à l'économie et où le mot croissance résonne partout comme un mantra, les sollicitations d'en faire une gigantesque foire commerciale sont nombreuses. Pourtant, contre vents et marées, les 1001 Pots gardent le cap, conservent la vision fondatrice d'un lieu, d'un moment de convivialité. C'est dans cet esprit que s'inscrit le commerce du travail des artisans.
Aujourd'hui le désir persiste et son mûrissement pousse encore plus loin la notion de convivialité. Le respect de la terre et de son cycle de vie, ainsi que l'acte créateur, au coeur de la vision des 1001 Pots, se traduisent par des emballages différents et par la création du Jardin de Silice. Dès cette année, les pièces seront remises aux acheteurs dans des Furoshikis (se prononce froshki), baluchons japonais faits maison, véritables oeuvres d'art. Non seulement ils remplacent le sac de plastique, mais se transforment en nappe, rideau, ou simplement réutilisés selon leur usage premier, ils font partie du quotidien à l'année.
Véritables passeurs du métier, du rituel de créer autour de la poterie, les créateurs des 1001 Pots ont imaginé le Jardin de Silice. Invitation à la création d'une oeuvre collective faite aux artisans et à la communauté en général, le Jardin de Silice insufflera une nouvelle vie aux pièces brisées ou imparfaitesainsi qu'à un terrain vague au coeur du village. Ce jardin, voulu comme un lieu public vivant, deviendra au fil du temps une agora, un lieu de rencontres, de concerts, d'événements ou de recueillement reflétant une valeur de partage des créateurs des 1001 Pots. Il s'agit là d'une contribution essentielle à la vie du village, une action qui préserve l'âme de Val-David. Dès cet été, les artisans et les visiteurs pourront contribuer à son édification en y apportant des pièces brisées ayant une signification, ou encore jugées imparfaites. Ces pièces seront incluses à la structure du jardin, dans un acte de création commune.
Au fil du temps, le jardin continuera de vivre au gré de la nature et des contributions, une continuité de ce métier universel, du rituel quotidien de la création par la terre. Tout comme la céramique, qui prend son temps et dont on ne contrôle pas le processus, on ne sait à quoi cette oeuvre collective ressemblera. C'est une proposition que l'on peut s'approprier; un geste de confiance en la vie.
(1) trois artistes céramistes et les trois têtes pensantes, de cette vingtième édition des 1001 Pots ndlr |












Vos commentaires...
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