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L’ENFANT ET LE FROMAGE
Yannick Achim Elle s’appelle Maude. Petite fille âgée de 8 ans, cheveux blonds et yeux bleus. Maude aime le fromage et mange régulièrement du cheddar que sa maman achète chez Métro. Un jour, Maude s’est prêtée au jeu des découvertes. Elle choisit et goûta à trois fromages qui lui étaient inconnus : le « Majorero », fromage espagnol au lait pasteurisé de chèvre; le « 1608 » fromage québécois au lait cru de vache et le « Old Amsterdam », fromage hollandais au lait pasteurisé de vache. Ses critères de sélection ? Ils « ressemblent » soit de pâte, de couleur ou de texture au fromage qu’elle a l’habitude de manger. Son préféré parmi les trois fromages ? Le Majorero, goûteux à souhait…Oh! Surprise! Cette petite histoire- vraie- n’est qu’un préambule à l’énoncé d’une double certitude : les enfants aiment le fromage et sont ouverts aux nouvelles saveurs. Toutefois cette ouverture n’est pas toujours « exploitée » par les parents qui, pour des raisons culturelles à prime abord, ne songent pas à explorer, varier ou modifier les habitudes alimentaires dont ils ont eux-mêmes héritées. Quand lui faire découvrir des nouvelles saveurs de fromage? La découverte des saveurs des fromages peut se faire dès l’âge de 8 mois.[1] Période correspondant au début de la diversification alimentaire, susceptible d’éveiller très tôt le sens du goût de l’enfant et de développer chez lui le plaisir de la variété. Le fromage peut être intégré progressivement à son alimentation en petites quantités (5 à 6 cuillères à sucre) sous la forme de fromage blanc, de fromage frais ou de fromage râpé ajouté à sa soupe ou sa purée de légumes. En grandissant, il en réclamera. Il ne faut donc pas hésiter à varier les textures et les saveurs tout en évitant les fromages au lait cru avant l’âge de trois ans, les fromages trop salés comme le roquefort et l’ingestion des croûtes qui se révèlent difficiles à digérer.[2] Vers 2/3 ans, à l’instar de son individualité, les goûts personnels de l’enfant s’affirment et il aura déjà un bagage de goûts diversifiés qui augmentera avec le temps. Le goût : une question culturelle ! Les goûts et dégoûts d'un enfant sont conditionnés par son environnement culturel et affectif. Culturel car les goûts se développent et varient selon les continents, les pays, le climat et même le statut social de la famille, entendre niveau financier. Affectif car les premières découvertes gustatives sont le plus souvent liées à l’émotivité. Le bébé et le jeune enfant sont particulièrement réceptifs aux messages de leur mère. La plupart du temps, la maman ne présentera pas d’aliments qu’elle-même n’aime pas ou ne consomme pas. Et il suffit à l’enfant de se modeler sur le comportement de celle-ci pour que le tout-petit refuse un aliment qui n’est pas dans les habitudes alimentaires de sa mère. Heureusement, en matière de goût, rien n’est irréversible. Maman peut éduquer son enfant à l’ouverture, ne serait-ce que par la consigne, constante, de goûter avant de déclarer son aversion pour tel fromage ou tel autre aliment. Rituel permettant au cerveau d’engranger les informations gustatives. Au fil du temps, l’enfant se construira une « bibliothèque du goût » qui s’enrichira avec le temps et ses diverses expériences.
[1] http://www.institutfromagesetsante.com
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