| Lorsque la poésie se fait signature… Yannick Achim |
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Lorsque la poésie se fait signature…
Comme chacun sait, l’Europe est sans contredit la mère patrie des fromages fins. Lors des premières créations fromagères, on ne se compliquait pas la vie. Le fromage était identifié par son lieu de création. Prenons en exemple le camembert venant de Camembert, petit village de Normandie perché sur une colline dans le fertile pays d’Auge. Porter ce nom était automatiquement synonyme de qualité. Aujourd’hui les productions et les lieux se sont multipliés et une même région peut être le berceau de plusieurs fromages. L’identification des produits s’est donc ajustée au nombre, ce qui eut pour effet de réveiller l’âme poétique des fromagers qui se mirent à personnaliser le nom de leur fromage selon des critères culturels ou géographiques spécifiques. Le Roquefort : Jusqu’en 1842, la production et le commerce du Roquefort sont assumés par de petits affineurs indépendants. Conscients des bouleversements économiques que va entraîner la révolution industrielle alors naissante, ils décident de se regrouper et forment la Société anonyme des producteurs de roquefort, aujourd’hui appelée Roquefort Société. Certains autres, garderont leur autonomie, comme ce fut le cas en 1906 pour Paul Alric qui identifia son roquefort sous l’appellation Roquefort Papillon, associant ainsi la transformation du lait en un des meilleurs fromages bleus, à la transformation de la chenille en l’un des plus gracieux insectes : le papillon. Le Pavin : Le nom de ce fromage provient du latin « pavens » qui signifie « épouvantable ». Il emprunta son nom à l’impressionnant lac de cratère situé à 1197m d’altitude, chapotant un des sommets du massif central en Auvergne. Le lac Pavin passa longtemps pour l’une des portes de l’enfer et la légende le dit rempli de larmes du diable…L’histoire ne dit pas si le diable pleure de ne pouvoir goûter ce fromage au lait de vache crémeux et typé à souhait, par contre, le Pavin à déjà fait damner de plaisir plusieurs gourmands. Le Mi-carême : Tradition catholique vieille de plus de 200 ans, la fête de la mi-carême ne survit plus que dans quatre villages canadiens dont l’Ile-aux-Grues, dans le Bas St-Laurent, lieu de production de ce fromage. Célébrée annuellement par les 170 habitants de l’île, la mi-carême est l’occasion pour chacun de faire preuve de créativité en consacrant l’année à la conception de son costume et ce, en cachette des autres, afin de garder l’effet surprise le jour du porte en porte, en partageant rires et chants d’un bout de l’île à l’autre. Le Reblochon : Façonné à partir du lait de trois races de vache, ce merveilleux fromage est né de l’ingéniosité, pour ne pas dire la roublardise des bergers savoyards qui, au XIIIème siècle devaient remettre aux riches propriétaires dont ils dépendaient, le produit de leur traite. Pour garder un peu de lait, les bergers ne trayaient pas complètement leurs bêtes et, après le départ des régisseurs, ils « reblochaient » (signifiant « tirer le pis de la vache une seconde fois ») le reste du lait. D’où le nom dérivé du Reblochon. Le 14 Arpents : Création de la Fromagerie Médard, accessible par le chemin « 14 arpents » qui longe les terres de la fromagerie, au Saguenay. Le 1608 : Hommage de la Laiterie de Charlevoix décerné aux quelques centaines de bêtes venues de France ayant permis de donner naissance à la race Canadienne. De 500 000 têtes en 1900, il en reste moins de 500 aujourd’hui. Le Pikauba : Inspirés par une citation de Félix Leclerc : " Nos vies ressemblent à des rivières; les calmes sont profondes, les agitées coulent en surface. ", les fromagers de la fromagerie Lehmann, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, ont baptisé leur Pikauba du nom d’une rivière qui traverse le parc des Laurentides.
Le Barre à Boulard : Homme de terroir et artisan fromager, Éric Proulx transmet l’histoire de son coin de pays par ses fromages. À la hauteur du village de Deschambault, un haut-fond nommé la Barre à Boulard s’épanche dans le fleuve Saint-Laurent. Surplombé du Cap Lauzon, ce haut-fond fût d’importance stratégique au temps de la colonie, obligeant les navires à manœuvrer en aval pour remonter le courant. Le Cap Rond : Du même artisan diffuseur de parcelles territoriales, le Cap Rond est un fromage paysan fabriqué à la main qui aura emprunté son nom au petit cap de terre glaise situé derrière l’église du village de Saint-Raymond de Portneuf. Le Champayeur : Création de la Fromagerie du Presbytère, le Champayeur tire son nom du vieux verbe français « champayer » signifiant « faire paître le bétail dans les champs ». Le Clandestin : Pour ce fromage, la fromagerie Le Détour n’a pris aucun détour pour nous rappeler une page d’histoire, alors que le trafic clandestin des boissons alcoolisées entre le Québec et le Maine était florissant. ….Les fromages ne sont pas que bons. Ils se font conteurs d’histoires.
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Je suis 100% d'accord. L'ignorance est trop souven... Plus...
Toujours aussi pertinent Plus...
Certains de ces blasés du béton se comportent tels... Plus...
Je connais l'artiste des lumières,elle s'attache a... Plus...
Très amusant, pour enfants dès 4 ans Plus...