| Pour un Rufus Wainwright abyssal |
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| Arts et spectacle | |||
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Claudio Pinto Depuis ses débuts en 1998 avec le label Dreamworks jusqu'à la parution de All days are Nights: Songs for Lulu, son plus récent album paru il y a quelques mois, j'ai toujours profondément admiré l'art de Rufus Wainwright. Je sais que ses fans montréalais sont nombreux, mais la question suivante m'amuse autant qu'elle peut me plonger dans des réflexions quasi métaphysiques: ces fans, reconnaissent-ils autant que moi l'apport incontestable de l'auteur-compositeur-interprète à la chanson populaire, à la musique tout court? D'ailleurs, n'est-ce pas Elton John qui a proclamé, il y a quelques années, que Rufus Wainwright était le plus grand auteur-compositeur vivant? Certes, All days are nights; Songs for Lulu n'a rien pour contrecarrer au commentaire élogieux de l'interprète de Candle in the wind, car après une seule écoute de l'album, nous sommes forcés d'admettre que cette exploration musicale a réclamé plus d'écoute et d'attention que celle exigée en générale par un album de musique pop ou rock. Il n'est pas nécessaire d'avoir étudié la musique pour le reconnaître, on a affaire ici à de la musique savante. Rien de moins!
L'album s'ouvre avec Who are you New York, une ode tragi-comique dont les accords arpégés de la main droite, sorte de pluie mouvante aux accents méphistophéliques, ne sont pas sans rappeler les Valses oubliées de Liszt. Suit Sad with what I have, pièce qui trahit la première éclosion d'une tristesse. Ici, la déclamation est affirmée sobrement, jetant au-delà du geste musical le voile d'un aspect plus viril du chanteur. Nous sommes au prélude du parcours de l'album que l'on sent déjà la peur tenante de l'enfant qui prépare l'irrévocable départ. True Loves est un morceau teinté d'éclats poétiques dignes des plus grands espoir amoureux; une fable romantique à l'harmonie riche et truculente, là où, après quelques morceaux sombres et réflexifs, Rufus Wainwright nous déclare qu'il souhaite que sa « joie demeure ».  Les feux d'artifice t'appellent, l'unique pièce en français de l'album, est une fresque plus grande que nature. Frétillant voyage dans le passé, cette chanson qui parle de l'avenir qui s'absente et du présent qui se tient au rencart, évoque aussi, en filigrane, la gratitude infinie de celui qui a choisi d'aimer la vie. Dernière pièce de ce magnifique album, Zebulon se juxtapose parfaitement à l'atmosphère d'un crépuscule du soir. Il s'agit, sans contredit, du morceau le plus émouvant du disque (préparez vos mouchoirs!), car il capte l'image d'un au revoir cristallisé. Dans cet épilogue somptueux, le cri d'amour devient grand, si grand qu'on s'empressera d'aller immédiatement à la première plage de l'album et d'écouter une deuxième, puis une troisième écoute ce disque fort et profondément singulier.  Par l'originalité de la forme et du style, All the days are nights: Songs for Lulu gardera très longtemps sa fraîcheur originelle. On regrettera, hélas, que plusieurs amateurs n'oseront se donner la peine d'aller au bout de leur exploration musicale, celle-ci s'avérant trop exigeante pour leurs oreilles. Certes, Wainwright ne cherche plus à nous séduire, ni même nous surprendre, mais plutôt à nous dire la vérité la plus pure, vérité portée ici à son aboutissement le plus honnête et à sa réalisation presque idéale. Incontestablement, cet album est l'un des meilleurs que j'aie entendu depuis le commencement du millénaire. Merci, merci cher Rufus Wainwright, de nous livrer aussi merveilleusement la musique que vous avez toujours rêvé d'entendre! L'artiste sera en spectacle le 21 juin au Théâtre St-Denis Une version exhaustive de ce compte-rendu est disponible au http://claudiopinto5.blogspot.com/2010/04/all-days-are-nights-songs-for-lulu-de.html Â
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Vos commentaires...
Certains de ces blasés du béton se comportent tels... Plus...
Je connais l'artiste des lumières,elle s'attache a... Plus...
Très amusant, pour enfants dès 4 ans Plus...