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Saint-Francis of the Birds, l'église des skieurs PDF Imprimer Envoyer
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altDenis Chabot

Le journal Accès Laurentides faisait état récemment du piétinement dans ce dossier qui mérite une attention plus grande afin de protéger un élément important du patrimoine bâti de Saint-Sauveur. Depuis, le dossier est en voie de connaître un cheminement positif.

La société d'histoire et de généalogie des Pays-d'en-Haut s'est associée à la société d'histoire de Morin-Heights et de Sainte-Marguerite afin de rappeler l'importance de cet ensemble, témoin de l'histoire des Laurentides.

La société d'histoire de Sainte-Marguerite mène aussi une lutte pour trouver une nouvelle vocation pour le site du Baron Empain et les bâtiments de style art déco uniques au Québec.

Il est intéressant de souligner que Monsieur Varin, qui veut aussi faire l'acquisition du site à l'Estérel, est aussi le proprétaire du Manoir Saint-Sauveur qui a acheté le terrain du centre communautaire pour en faire en partie un stationnement.

Historique du Lieu

Cette paroisse de Saint-Sauveur a été fondée en 1951 par le Révérend Chanoine Horace G. Baugh. En 1940, alors jeune étudiant du Collège de Théologie de l'Université McGill, il vient faire du ski à Saint-Sauveur. Émerveillé par la beauté du paysage, il rêve d'y voir une église anglicane qu'il veut nommer l'Église des Skieurs. En 1950, il est nommé à Morin-Heights et son rêve d'une église à Saint-Sauveur refait surface. Il soumet son projet à son évêque qui prête une oreille attentive à son projet.

Cherchant des mécènes parmi les personnalités de la région, il trouve une première oreille favorable en la personne du Capitaine E. J. Rodgers. H.E. Dinsdale, un homme d'affaires qui a une résidence secondaire sur la rue Saint-Denis, propose de payer la moitié de l'achat du terrain. Une troisième personne intéressée est John H. Molson qui est prêt à financer l'autre moitié du terrain et offre même de fournir le bois pour construire le temple. Fait cocasse : sur sa terre de Saint-Sauveur, une tornade effroyable vient tout juste de déraciner quelques 600 arbres…

Le don de Monsieur Molson est attaché à une condition: celle de mettre le nouveau temple sous le vocable de Saint-François-d'Assise. Le site le plus désirable, sis aux coins de la rue Saint-Denis et du Chemin du lac Millette, appartient à une veuve catholique, madame Damien Trottier qui a hérité d'une partie de la terre de la famille Saint-Denis.

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Le concept d'une structure en bois rond est proposé par Victor Nymark un expert en ce genre de construction. Bâtie en 1952, l'église anglicane est faite de troncs d'épinettes emboîtés un dans l'autre. En entrant, vous remarquerez qu'une vingtaine d'espèces d'oiseaux présents dans la Vallée sont représentés dans un vitrail inspiré de Saint-François d'Assise, le protecteur des oiseaux. La figure de proue, qui sert de chaire dans la chapelle, vient du navire Oya, un voilier de 130 tonnes construit par le grand-père de monsieur Molson. Les lanternes en cuivre du chœur proviennent du bateau Île de France et sont un don du capitaine E. J. Rodgers. Contrairement aux églises traditionnelles, la cloche est installée sur une base de ciment. L'architecte a oublié de prévoir une structure pour supporter une cloche. La cloche date de 1898 et provient de Boscoville près de Cowansville

Intérêt patrimonial

Le développement du ski dans les Laurentides et son paysage a amené dans les Laurentides plusieurs immigrants d'origine Européenne qui ont influencé de plusieurs façons le développement de notre région. Finlandais d'origine, Nymark est arrivé dans les Laurentides en 1928, il a construit plusieurs bâtiments importants dont le Manoir Alpine, qui est actuellement aussi menacé, l'hôtel du Mont-Gabriel, l'hôtel Nymark, qui a longtemps été un trait distinctif du Mont-Saint-Sauveur. Victor Nymark a aussi été un des membres importants de la Laurentian Ressort Association fondée en 1928 pour faire la promotion des Laurentides et du ski (ancêtre de Tourisme Laurentides). Dans les années 30, l'Association a tenu deux ski shows à New-York, elle a aussi financé le développement des pistes de randonnée inter-villages dont la célèbre Maple Leaf tracée par Herman Smith Johannsen, dit Jackrabbit, d'origine norvégienne. Jackrabbit était un paroissien d'Horace Baugh, chaque dimanche il venait à la messe, en tenue de ski prêt à partir après la cérémonie.

Nymark a aussi construit plusieurs résidences avec la même technique de construction. Il aurait construit près de 50 résidences dont plusieurs ont malheureusement été détruites. On retrouve aussi, dans le périmètre de ces deux bâtiments, deux maisons construites par Victor Nymark. Le tout confère à ce secteur un cachet unique que l'on doit préserver. La ferme de John H. Molson, qui a été un des principaux donateurs pour la paroisse anglicane, n'a pu être préservée; aujourd'hui, il apparaît important de préserver un bâtiment unique pour le patrimoine bâti de Saint-Sauveur et des Laurentides.

 

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